"Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Les grains s'ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c'est un tas, un petit tas, l'impossible tas. On ne peut plus me punir." Beckett

"Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Les grains s'ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c'est un tas, un petit tas, l'impossible tas. On ne peut plus me punir."  Beckett


Un jour, un soir
Dans le mystère d'une lumière noire
Allongés, au clair de terre
A chanter le désastre de toute une ère

On serait heureux
Comme pas deux
Comme pas trois
Notre âme unie en une seule voix

Parfois, j'y crois...

Les larmes aiguisées
Le coeur pour seule armée
Soldats de pierre aux armes salées
Seul reste d'un rêve glacé

J'y pense, à mes dépends,
Et pourtant...

La vie serait partie
Et nous aussi
Emietter nos cris
Sur les chemins de l'infini

Peut-être chimère que maquille le désir
Peut-être force que l'espoir fait grandir
Le silence pour seule sagesse
Quelques mots pour seule promesse



Si c'est une malédiction de s'aimer
Je serai la plus heureuse des damnés.

Cynthia

# Posté le dimanche 18 mai 2008 18:30

Modifié le lundi 19 mai 2008 04:14

"J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie." Arthur Rimbaud

"J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie." Arthur Rimbaud


Tu sens mauvais de l'âme et la vie qui te lèche
T'amidonne le teint et prépare l'engrais
Qui bientôt fumera la fosse de laquais
Où l'on te répandra comme une merdre fraîche


Léo Ferré - Poète... vos papiers!

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Heureux les simples d'esprit, dit-on.
Ceux qui ne se posent pas [trop] de questions.
Qui ne se contentent que de survivre,
Dont la seule "philosophie" est de suivre.
Emportés par cette vague qu'ils croient être la Vie,
Croyez moi, ceux là n'ont rien compris...


Cynthia
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*!* Ces temps-ci je me demande : s'il en est un, quel est votre but dans la vie?

# Posté le mercredi 30 avril 2008 10:56

Modifié le mercredi 30 avril 2008 11:29

Dans la nuit d'une parole s'est brisé le sablier. Sous mes lèvres l'idée, en miette, s'est finalement dérobée.

Dans la nuit d'une parole s'est brisé le sablier. Sous mes lèvres l'idée, en miette, s'est finalement dérobée.
Le temps me fuit. Il s'élance loin devant et moi je trace les kilomètres. Par des cris étouffés, planqués au dedans. Le silence est d'or, dit-on ; le mien est de sang. Les marques brunes s'étalent, hésitantes, au rythme d'un pas flottant. Les aiguilles, à force de tourner, m'ont écorchée, seconde après seconde, avant de disparaître pour un futur un peu trop loin. Je n'ai plus qu'à me suivre, je n'ai plus qu'à courir, immobile. J'à temps. Je regarde défiler la vie, cet interminable ouvrage aux allures de pute. Je suis mes propres vis. J'essuie mes propres vices d'une culotte trouée imbibée de fausses plaintes mouillées. Les mots s'envolent dans la brève promesse du tintement de l'horloge. Mes coups sonnent, et la vie fane. Et je dis perdre le temps ; rappelle toi, celui qui passe si lentement. De mon ennui naît le désenchantement. Lueurs mélodieuses, qui se perdent sur des yeux ineffablement ouverts, asséchés par le vent. Les minutes me manquent, et je passe ma vie à les éviter. Elles se déroulent devant moi, insaisissables, et je marche dessus, souillant de mes pieds déformés le délai offert. Je soustrais le sursis, m'envoie en l'air avec ce rien que je me suis construit. Ce mur que j'ai élevé, laissant filtrer les minces reflets du passé. Egarée sur les sentiers de l'irréel, je presse le pas désorienté. Au carrefour de l'existence, je ne sais plus où aller. Et le tic-tac de l'avenir me devance encore, et je me vide l'espoir à vouloir l'arrêter. L'attraper par un bras, au moins une fois, et le retenir, le temps de souffler. Pouvoir réaliser que la beauté a un accès. Mais déjà il repart. Déjà la douce voix s'évapore dans la mémoire. La présence se consume. Sa fumée noircit le cadran et les heures s'allongent avec mon retard. Je ne vois plus très clair, mais une larme m'a confié : c'est si près la lumière, que la mort même ne peut t'en détourner. Si près qu'elle reste trop souvent dissimulée. J'ai remarqué que lorsque l'instant se suspend, c'est pour mieux m'échapper. Peut-on survivre le temps, douloureuse effigie à double tranchant ? Je me plais à le désirer, peut-être à mes dépends. Pouvoir avancer, avec le reflet des mois, le poids des années. Parce qu'on ne chasse pas les fantômes. Pas plus que l'écoulement des siècles, ou les idéaux de l'Homme.

Cynthia

# Posté le jeudi 21 février 2008 14:45

Modifié le dimanche 24 février 2008 15:54

"D'abord, je fis un effort pour secouer ce cauchemar de mon âme. Je marchai vigoureusement, - plus vite, - toujours plus vite, - à la longue je courus. J'éprouvais un désir enivrant de crier de toute ma force. Chaque flot successif de ma pensée m'accablait d'une nouvelle terreur ; car, hélas ! je comprenais bien, trop bien, que penser, dans ma situation, c'était me perdre."

"D'abord, je fis un effort pour secouer ce cauchemar de mon âme. Je marchai vigoureusement, - plus vite, - toujours plus vite, - à la longue je courus. J'éprouvais un désir enivrant de crier de toute ma force. Chaque flot successif de ma pensée m'accablait d'une nouvelle terreur ; car, hélas ! je comprenais bien, trop bien, que penser, dans ma situation, c'était me perdre."
___________iii___ Je sais désormais ce qu'il me manque. _________iii___

Et ça ne fait que creuser que plus profondément
le caveau englué de l'anéantissement.

Ces idées que j'ai laissé s'infiltrer
dans les coulisses de ma réalité.

Celles qui m'ont apporté la lumière, qui éclairent mes nuits encore, parfois.
Qui font battre ma vie à tord, ils croient.

Sans doute il s'en faudrait de peu pour que l'oubli l'emporte encore une fois
Sans doute l'on est plus heureux à effacer les pensées derrière nos pas.

Et les miennes ont la nausée
Et je les traîne à n'en plus oser.

La vie a ce cynisme de nous enrichir d'insatisfaction
J'envie le paroxysme de rendre son cri une exception.

Crois-tu que telle une pluie de regret s'écoule le temps ?
Crois-tu à la magie que peut revêtir l'écho d'un instant ?

Enterré dans toute son insaisissable allure,
Lové aux recoins de l'imperceptible torture.

Je sais désormais ce qui se cache sous les silences amers
Et ça ne fait que me rappeler ce que j'ai à y faire.


Cynthia

# Posté le samedi 12 janvier 2008 18:04

Modifié le samedi 12 janvier 2008 19:14

L'escalier célèste

Sans doute l'on oublie trop tôt que les marches n'en finissent pas. Qu'elles s'élèvent si haut qu'on tuera notre vie à escalader. Escalader des murs de corps, ressuciter les mots des morts. Traîner ses souvenirs le long de ce tortueux périple. A force de voir le plus tard je finis par reculer. Sisyphe se moque de moi. La pente se fait glissante de tous les jours que je lèche. J'ai enfermé ma vie dans un coffret de repulsions gastriques. Crache des bulles de satiété, qui se fondent au soleil peut-être trop vrai. Pathologie hyposignificative. Les sens implosent quand l'horreur les effleurent. J'ai l'échelle cadenassée, et les ailes au sol soudées. Hier encore je pensais à la voie ultime, au sourire infime. Les recoins du chemin m'ont assomée en me hurlant encore de ne plus y croire si fort. Mais le coeur martèle ses inépuisables envies puis se tord, indécis. Chuchotte : même les larmes ne rebouchent pas les serrures. Elles cachent une arme pour affronter le futur. L'avenir titube mais ne disparaît pas. Mon paradis s'évapore mais subsiste en moi.
Mille et une portes dressées. Ma vie pour les traverser.
Cynthia
L'escalier célèste

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 16:55

Modifié le samedi 05 janvier 2008 16:30