J'ai des mots. Des images. Et des voix plein la tête. Ils germent, se multiplient sans trouver aucune issue. Je n'arrive pas à les faire sortir. Ils encombrent mon esprit, m'empêchent de dormir, de sourire. Ils flottent comme autant de nuages abstraits que je n'arrive pas à dissiper.
Je ne peux ni les refuser, ni les oublier.
Je dois les comprendre, afin de pouvoir m'apprendre. Ils s'entassent en moi, et s'infiltrent dans la moindre de mes pensées. Ils cognent, hurlent, pourtant j'ai du mal à les percevoir. A force de les enfermer, les voilà devenus inaccessibles. Je perds ma propre conscience. Je ne sais même plus si je pense. Mes idées restent inachevées, elles s'égarent dans les recoins de mon imagination. Trop peu de temps, de toi, de tout. Je m'essouffle, je n'en vois plus le bout. Je me débats contre des lianes d'incertitudes. Je m'enfonce dans le labyrinthe tortueux de mes tourments. L'horloge tourne. Ses aiguilles me poursuivent et me transpercent le ventre. Je boite. Je me vide. De sang, de sens, de mots, de moi. Les ombres défilent. Il y a ce halot de lumière au loin, fruit de ma perdition. J'avance. M'écorche les pieds sur les morceaux de verre que j'ai brisés. C'est pas moi. Ce sont eux qui me poussent à agir. Ils ne trouvent pas de repos. Ma progéniture. Tous mes mots. Peut être qu'eux non plus ne voudront jamais rien dire.
*Cynthia*