Marcher. Sentir le bruit de ses pas qui traînent, comme pour nous empêcher d'avancer. Quand il nous manque ces ailes qui rendent la démarche enthousiaste et les pomettes roses. Les bras ne se balancent plus, ils sont peut être cachés au fond d'une poche, peut être perdus dans le vide. On ne ressent plus vraiment ses membres. Le regard se perd sur des images qu'on a déjà oubliées. Qu'il soit rivé vers le ciel ou fixé sur le sol, ça ne change pas grand chose. Le vent qui nous fait face et nous ferme un peu les yeux. Semble rentrer en nous dans une union glacée pour dépoussiérer un esprit vieilli par les maux. Progressivement, tout s'efface autour. tout s'efface en nous. Les couleurs, les voix et les pensées se dissipent. Et on ne s'est jamais senti aussi proche de la réalité. Les pas se font automatiques, au rythme lent des battements du coeur. Les sentiments semblent se figer. Sourires ou larmes n'y pourraient rien changer. S'asseoir sur un banc souillé par des milliers de corps. C'est comme être en présence de fantômes dont le contact nous restera à jamais immateriel. Se perdre dans un rien paradoxal, comme un interrupteur qu'on a oublié d'enclencher. Le temps qui s'écoule, et l'impression qu'il nous en manque des litres avant de pouvoir épancher notre soif. Rien que ça.
Ca n'apporte pas grand-chose à pas grand-monde, mais j'avais envie. **Cynthia**